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Juliette TALLEU – photographe amateur

Bonjour Juliette,

Parle nous de ta passion pour la photographie et de tes futurs projets d’études dans ce domaine,

Quel est ton parcours ? Comment as-tu commencé la photo ?
J’ai toujours été très sensible à l’Art et à tout ce qui m’entoure. C’est donc très naturellement que je me suis mise à la photographie vers l’âge de 11 ans. Ce sont mes grands-parents qui m’ont offert mon premier Reflex.
Je me suis mise à photographier tout ce qui m’interpellait et à prendre des portraits de mes cousines. Ma passion a démarré comme cela…

Quel type de photos fais-tu ?
Je ne me limite pas. La photographie est un Art, et l’Art n’a pas de limites. Je photographie ce qui m’anime, ce qui m’inspire, ce que je ressens. Tout est dans le cœur et dans l’âme.

La photographie de voyage me passionne. Lors de mon année aux USA en tant qu’étudiante d’échange, j’ai pu apprendre et approfondir ce style.
La photographie de portraits Noir et Blanc reste ma préférence et fait souvent la différence.

Tout est dans la nuance. Pour cette photographie, il est nécessaire de savoir gérer la lumière.

Quelle est ta démarche quand tu prends en photo ton entourage ou des inconnus ?
J’organise ou j’improvise !
J’ai très souvent mon appareil avec moi, ce qui me permet de faire la photo in situ !
J’ai le souvenir d’une rencontre sur un parking, avec un chanteur de Jazz dans le Mississippi, en Décembre 2016. La situation m’a amené à discuter avec lui. Je lui ai demandé s’il était d’accord pour que je lui fasse un portrait. Il a accepté. Ce moment reste magique. Ces photos me rappellent une histoire, un moment de partage avec un homme chaleureux et enthousiaste.
Il est important de créer un lien, une discussion, une confiance avec les personnes photographiées. C’est essentiel. Tout transparaît dans la photo ! Les émotions sont gravées sur papier.

Tu es plutôt numérique ou argentique ?
Je suis numérique puisque je n’ai pas eu l’opportunité d’essayer l’argentique.
J’ai acheté l’appareil, et je compte m’y mettre rapidement. L’argentique a un charme que le numérique n’a pas. J’aime l’effet de surprise au moment du développement. C’est rare et il n’y a pas de retour en arrière possible ! L’argentique c’est authentique…

Quel rapport entretiens-tu avec tes photos une fois qu’elles ont été prises et tirées ?
Je développe et publie les photos sur mon site kilowoa.weebly.com et sur mon Instagram @KILOWOA

As-tu déjà exposé ?
Oui !
J’ai eu la chance d’exposer mon travail pour la première fois, début février dans une petite ville près de chez moi. J’ai également exposé à Lille, pour We Art’.

We Art’ est un évènement créé par 6 étudiants de dernière année d’ISEFAC Lille, dont l’objectif est de promouvoir les arts, la culture et l’artisanat au profit d’une association « Enfants du Monde France ».

Qu’as-tu appris en étant autodidacte ?
Il est essentiel de rester concentrée, motivée, ne rien lâcher tout en étant très audacieuse !

Quels sont les endroits que tu recommanderais en France et aux USA ?
Chaque endroit mérite une attention particulière et celle-ci sera toujours différente. J’adore mon pays et j’ai adoré les États-Unis. Rien n’est comparable et tout est unique.

Quels sont les photographes que tu admires le plus ?
Oh la la, le choix est large !
Je les admire tous, ce sont des artistes…
Mais mon amour du portrait Noir et Blanc me ferait vous dire : Patrick Demarchelier, Peter Lindbergh et Irving Penn.

Si tu avais un conseil à donner à un jeune passionné de photos comme toi, autodidacte, qui souhaite se lancer… Tu lui dirais quoi ????
Je fais encore partie de ceux qui doivent en recevoir. Il est difficile d’en donner moi-même. Il me semble qu’il faut être passionné, humain et rester dans la transmission de l’émotion, ce qui est essentiel à ce travail.

https://kilowoa.weebly.com

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Renaud ALOUCHE

Le programme de cette édition anniversaire du Montreux Jazz Festival est construite comme un écho à l’épaisseur historique de la manifestation suisse.

Dense, vivante, cette 53èmeédition se déroule du 28 juin au 13 juillet 2019… et la programmation met en avant une certaine forme d’éclectisme !

Parmi la foule d’artistes invités cette année, on compte un nombre non négligeable d’habitués des autres festivals, parmi lesquels : Sting, Janet Jackson, Tom Jones, Lauryn Hill, ZZ Top, Eddy de Pretto, Elton John, Melody Gardot, Rita Ora,Janelle Monae, Amadou et Mariam, Yann Tiersen, Ibeyi, George Ezra, Bon Iver, Chick Corea, Quincy Jones, Kimberose…

Renaud Alouche, Photographe officiel du Festival de Montreux et de la 39èmeédition du Festival International de Piano de la Roque, en tant qu’ambassadeur pour les optiques Carl Zeiss, nous dévoile en textes et en images, la réalité autour de la photographie dans l’univers des festivals.

Bonjour Renaud,

1)    Racontez-nous votre parcours…

Je suis originaire d’Aix-en-Provence et vis actuellement à Lyon. J’ai étudié les métiers de la communication et du marketing en essayant de me diriger vers ma passion première qui est le spectacle vivant. Mes expériences professionnelles se sont donc naturellement tournées vers la Culture. J’ai lancé une association de management d’artistes en 2013, ce qui m’a amené à commencer la photographie pour illustrer ma communication.

2)    Comment êtes-vous devenu photographe officiel du Festival de Jazz de Montreux et du Festival International de Piano de la Roque ? Quand avez-vous choisi de faire carrière dans ce milieu ?

En 2015, j’étais chargé de la communication digitale pour le Festival Jazz à Vienne. J’avais un grand besoin en images et cette expérience m’a poussé à sortir mon premier reflex (Nikon D3100) pour établir chaque jour un report imagé des différents concerts prenant place sur le festival. Je n’avais alors aucune prétention photographique, juste des besoins en communication, mais les retours sur mes images ont été suffisamment bons pour que j’envisage de me mettre plus sérieusement à la photographie de concerts en montant progressivement en gamme chez Nikon.

Après avoir pris « le cliché » ce 11 juillet 2015, Shola Adissa Farrar m’a contacté pour qu’il devienne la couverture de son premier album. C’est à ce moment-là que j’ai été convaincu de continuer la photographie.

Ce hobby que je pratiquais régulièrement dans les salles de Lyon a rapidement pris de l’ampleur, avant de devenir mon activité principale depuis un an, en passant sur un boitier Sony.

C’est à ce moment que j’ai contacté les festivals qui me tenaient à cœur pour avoir l’opportunité d’être photographe officiel.

Après 4 années à couvrir le festival Jazz à Vienne, son équivalent Suisse m’attirait : le Montreux Jazz Festival ! De renommée peu comparable, il propose chaque année, et cela depuis 53 ans une programmation de légende.

Puis, étant originaire d’Aix-en-Provence, le Festival International de Piano de la Roque a toujours été pour moi un événement incontournable de la musique classique.
J’ai donc contacté les deux festivals, s’étendant chacun sur plus de deux semaines, l’idée d’une longue immersion dans cet univers me tentait.

Je suis aujourd’hui, photographe officiel pour ces deux festivals, sur le même été, en y ajoutant un partenariat avec les optiques Carl Zeiss, pour tester le Batis 85mm f1.8 sur des scènes de concert.

3) On peut dire que la musique et la photographie sont liées… l’Art et la montée des besoins en communication digitale sont indissociables de nos jours… qu’en pensez-vous ?

Complétement !

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours associé la musique à son image, que ce soit des photos de concerts légendaires, des couvertures d’album ou même des vidéos. Ces deux univers sont intimement liés.

D’autant plus dans le monde du jazz où il existe beaucoup de codes sur scène et hors de scène, le photographe a donc l’occasion de capter des moments privilégiés.
On peut entendre et comprendre la musique sans avoir besoin d’une image, mais la visualiser à travers un autre œil permet d’entendre quelque chose de très diffèrent, c’est très complémentaire.

De plus, avec la montée en puissance des réseaux sociaux depuis plus de 10 ans, les artistes et festivals ont un besoin de communiquer en direct qui s’accroit, sans pour autant vouloir délaisser la qualité de l’image. C’est à ce niveau que les photographes et vidéastes ont été obligés de se réinventer et de proposer des clichés de qualité en un temps limité.

Il me paraît impossible aujourd’hui pour un festival ou une salle, de proposer une programmation, et de ne pas diffuser au moins une image de la représentation, au plus tard le lendemain matin de celle-ci sur les réseaux sociaux. Il est donc difficile de dissocier les deux.

Cliché de la fin du concert de BCUC

4)  Comment s’organise votre travail tout au long du festival ? Vous passez vos journées et vos nuits en compagnie de musiciens qui font la fête. Comment gardez-vous votre concentration ? Vous laissez-vous porter par l’événement ?

Chaque photographe a sa propre approche quant à son organisation, en l’occurrence sur un festival qui dure deux semaines, cette dernière doit être bien rodée si on veut tenir sur la longueur.

De mon côté, j’essaye de rentrer très vite dans une routine, un festival c’est beaucoup d’émotions, d’instants inattendus, de moments de rush … qu’il est primordial de pouvoir se rattacher à un fil conducteur à n’importe quel moment.

C’est un privilège que de pouvoir partager une telle expérience avec l’intégralité du staff et des musiciens, tout en vivant sa passion de photographe. Cependant, pour réussir à respecter les délais, notamment pour les besoins en communication, il faut réussir à garder la tête sur les épaules qu’il soit 14h ou 6h du matin.

Il est facile de se laisser emporter par l’effervescence d’un tel événement, mais pour en profiter au mieux chaque soir, j’ai appris à m’en tenir à la routine.

Avec un peu de patience et de calme, j’arrive davantage à me concentrer pour optimiser ma prise de vue, comme pendant le concert de Slash à Montreux le 1erjuillet 2019, où ça partait dans tous les sens, et où, il a fallu rapidement, se poser au bon endroit pour attendre que le Guitarhero entre dans le cadre.

Niveau organisation pratique, chaque photographe à une feuille de route chaque jour pour les concerts incontournables à couvrir, avec un retour au bureau pour trier et envoyer les photos à la fin de chaque show. S’il reste du temps libre après ça, c’est le moment de profiter un peu des artistes présents sur les différentes scènes.

5)   L’éclairage doit être un compliqué dans ce genre de festivités. Connaissez-vous une technique simple et infaillible pour prendre de bonnes photos de ces événements ?

Théoriquement, plus le festival est de grande envergure, plus l’équipement lumière est de qualité, mais notre métier est en effet très en lien avec le travail des ingénieurs lumière.

D’une scène à l’autre, ça peut être le jour et la nuit, on doit alors s’adapter au plus vite, n’ayant le plus souvent qu’une dizaine de minutes pour shooter chaque concert.

Je doute qu’il existe une technique infaillible pour palier à un mauvais éclairage, mais plusieurs habitudes se mettent en place très vite pour s’adapter aux éclairages, en trouvant des spots différents qui offrent un angle de vue nouveau, et permet de composer une image avec les moyens du bord.

Comme sur ce cliché du groupe Festen, le 1erjuillet 2019, sur la petite scène de La Coupole à Montreux, où j’ai dû m’aider de miroirs pour cadrer et illuminer ma photo.

Sur festival comme le Montreux Jazz, il est rare d’avoir un éclairage vraiment mauvais, sauf quelques exceptions dans des soirées en club. A ce moment-là, il ne reste plus qu’à faire des photos d’ambiance, comme sur ce cliché pendant le dj set de Feldermelder au Liszto Club, le 28 juin 2019.

6)   Avez-vous d’autres projets en cours ?

Je reste actif en tant que chargé de communication digitale et essaye de concilier au mieux ces deux activités.

De plus, j’ai une exposition photo nommée « Au-delà du jazz » qui a été exposée au Ninkasi et au Hot Club de Lyon, et qui est actuellement en loges du festival Jazz à Vienne.

Mon activité de vidéaste me permet aussi d’approcher le travail de l’image avec un autre œil, effectuant quelques teasers ou vidéos promotionnelles touristiques.

Enfin, je continue depuis quelques années une série photographique de body-projection, en attendant de lui trouver un message pour en faire une exposition.

Pour le reste, je suis toujours en recherche de nouveaux projets qui pourraient élargir mon champ de vision.

7)   Quelle est la meilleure histoire associée à une photo que vous avez prise, lors de ces festivités ?

Avec seulement 4 années de festivals à mon actif, j’ai déjà un millier d’anecdotes à raconter. Ces événements sont un brassage émotionnel et sont d’une intensité incomparable.

Si je devais en raconter une seule, ça serait celle autour de la photo de Shabaka Hutchings prise le 1erjuillet 2016 sur la scène du Jazzmix de Jazz à Vienne pendant le concert de Sons of Kemet.

Avec un ami photographe, nous avions lancé un jeu de couvrir un concert uniquement en argentique. Je suis donc arrivé devant la scène avec mon Foca Sport 2 et une pellicule noire et blanche de 36 prises. Le concert était exceptionnel et la pellicule s’est vidée en quelques dizaines de minutes.

C’était sans compter sur un rappel légendaire effectué par le saxophoniste anglais sur la ballade « Rivers of Babylon » où il est revenu du backstage devant mes yeux en jouant sans micro. Le moment était tellement beau que j’ai voulu le capturer avec mon numérique par acquis de conscience.

Quelques jours plus tard, mon labo photo m’annonce que la pellicule est cramée, et aucune photo n’est récupérable. Je trie alors celles prisent avec mon Nikon D7100 et publie celle-ci, qui depuis, a trouvé sa place dans le dossier de presse du groupe, et est devenue l’affiche du festival Jazz Fest 2017.

8)   Quels sont les inconvénients possibles à ce travail photographique festivalier ?

Le manque de sommeil et le décalage avec la réalité extérieure, pendant 15 jours, ne peuvent pas entacher le bonheur ressenti quand on arrive devant un artiste que l’on adore, et que l’on parvient à capturer l’image qui transpire l’émotion d’un live.

C’est principalement cette émotion qui nourrit mes photographies depuis plus de 4 ans, et tant que je la ressentirai, je n’arrêterai pas de déclencher !

Merci à vous, Renaud, pour ce moment de partage, dans le cadre idyllique de la région merveilleuse de Montreux, où la musique se vit partout !

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Sophie Masson Porcelaine

J’admire votre travail de porcelainière qui touche au merveilleux. Je suis conquise par ce matériau qui est votre grand savoir-faire. Vous réalisez une forme, quelle qu’elle soit avec une dextérité qui est la vôtre et qui exige une technique et une persévérance professionnelles.

Vous êtes une artiste protéiforme, installée au Vestiaire de Maisons de Mode à Roubaix, magasin-atelier où vous recevez et travaillez avec ce joli sourire qui vous caractérise. Décoratrice de porcelaine, dessinatrice et réalisatrice d’objets et services de table aux lignes simples et pures, vous façonnez vos objets à la main, sur un tour ou dans un moule et les gravez de motifs très fins… de motifs qui se répètent ou pas ! Tout dépend du message que vous souhaitez faire passer à cet instant précis de création.

Plus que toute forme artisanale, la porcelaine fait ressortir votre personnalité, ainsi que le caractère de l’objet, avec tous ses défauts, de façon à faire ressortir ses caractéristiques naturelles.

C’est pourquoi il est très intéressant de montrer la touche propre de votre création dans les pièces finalisées : la collection « Empreinte », « Habanera et Puntilla » naît de votre rencontre avec l’illustratrice Sophie Bøhrt, puis la collection “Ampersand”…

Sophie Masson,

Je suis ravie de vous interviewer pour connaître davantage votre travail, votre façon d’imaginer, de créer et d’approcher les émotions extraordinaires que vous procurent vos créations.

Ce métier de créateur est votre passion. A quel moment avez-vous su qu’il serait votre vie ?

Je possède une formation de styliste de mode, ce qui m’a permis de travailler de nombreuses années en tant qu’indépendante pour des bureaux de tendances et des petites entreprises de prêt-à-porter.

En marge de ce métier, j’ai suivi plusieurs formations autour de la céramique, comme le décor par exemple. Au moment où mon activité de styliste s’est arrêtée, c’est tout naturellement que j’ai consacré mon temps à la porcelaine.

« L’envie d’aller plus loin », de travailler la matière, d’associer formes et décors est devenue comme une évidence. Depuis, je dessine et réalise à la main des collections en porcelaine.

Quelle est la technique particulière employée pour obtenir cet émaillage si particulier ? décrivez-nous vos porcelaines…

J’aime la porcelaine pour sa douceur, sa sensualité, son éclat. J’aime la façon dont elle prend vie à la cuisson. Je souhaite, au travers de mes collections, retrouver l’essence même de la porcelaine

Parlez-nous de votre rencontre avec Sophie Bøhrt, créatrice parisienne des arts de la table et de la décoration d’intérieurs. Comment est né le projet de la collection « Habanera et Puntilla » ?

Cela fait de nombreuses années que je suis le travail de SophieBøhrt, créatrice de décors et motifs, dont j’admire l’immense talent. C’est une dessinatrice admirable, créative, et exigeante. C’est très naturellement que nous avons pu discuter de ce projet de collaboration. J’avais repéré dans un de ces petits carnets de croquis, des esquisses « d’habanera », des dessins inspirés de dentelles andalouses… Je les imaginais tellement bien sur mes porcelaines ! Cette collection est un beau succès, qui deviendra peut-être un classique.

Nombreux sont ceux qui confondent encore Porcelaine et Céramique…Dites-nous tout !

La céramique est un terme générique qui regroupe une famille de « matériaux », de la faïence au grès en passant par la porcelaine. Ensuite, on distingue plusieurs familles : les céramiques à pâtes dures, porcelaine, grès, et les céramiques à pâtes poreuses ou tendres (faïences, terres cuites et certains grès.). Les céramiques se distinguent aussi par les différents degrés de cuisson.

Merci infiniment Sophie, pour cet instant de vie, cet instant de partage…
de cette fusion entre l’artiste et l’écriture.

Sophie Masson Porcelaine
27 rue de l’espérance – 59100 – ROUBAIX
Tél : 06 76 12 33 86
Mail : contact@sophiemasson.com
Web : http://sophiemasson.com
Horaires d’ouverture : du mercredi au samedi de 12h à 19h

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Luminaires au design minimaliste by KNGB Création

« Et la lumière fut » …

Est-ce le credo de ces artisans qui conçoivent et façonnent ces objets de décoration utiles ?
Je veux bien entendu parler de Natacha Kopec, scénographe et Gary Berche, designer mobilier… créateurs de « KNGB Création ».

Depuis 2014, KNGB Création place le savoir-faire artisanal et les matériaux au cœur de son projet. Il mêle technologie, technique et esthétisme. Il invente, innove et respecte dans une parfaite maîtrise, la qualité de chacune de ses créations en y apportant une empreinte forte, où le superflu est exclu.

Le duo KNGB Création conçoit des luminaires haut de gamme qui prolongent la lumière et donc la vie… alliant modernité, fabrication locale et label Made in France.

 

Véritables sculptures lumineuses produites en édition limitée ou sur mesure, KNGB Création nous fait lever la tête au ciel et perpétue le rêve !

Amoureux de leur travail, Natacha et Gary prennent le temps nécessaire à sélectionner toutes les parties métalliques et en bois massifs… façonnées par leurs artisans tourneurs, afin de produire des pièces uniques.

Les abat-jours sont réalisés à la main dans leur atelier de Roubaix dans les Hauts-de-France. Quant aux coutures, aux assemblages, au tournage, au façonnage… ils apportent dans le monde du design, une véritable griffe haute couture.

 

Chaque lampadaire est numéroté sur un disque de cuir gravé au laser, inscrit dans la pièce de bois, à l’arrière de l’abat-jour. Asymétriques et entièrement fermés, les abat-jours, amovibles, sculptent la lumière pour créer une atmosphère chaleureuse et aérienne.

La réalisation de chaque projecteur est un travail de précision… On peut fermer les yeux et retrouver l’image résiduelle de cette beauté qui pigmente les iris.

Natacha & Gary, Bonjour !

Je suis ravie de mettre en avant vos années d’expérience comme créateurs de luminaires, dont l’élégance intemporelle des courbes, juxtaposée à un matériau résolument contemporain, vous mène au succès !

Quel a été le déclic pour vous lancer dans la création de luminaires ? Est-ce le fruit d’un long cheminement ?

En temps qu’amateurs d’ambiance, nous pensons que la lumière est essentielle à l’épanouissement et au bien-être.

Quelle est la phase de création qui vous plait le plus dans votre activité ?

Le début, lorsque l’on imagine la ligne du futur produit !
Trouver quelque chose de nouveau qui répond à un besoin commun et la recherche du détail.

La nature est toujours au centre… L’organique !
Où puisez-vous votre inspiration ? est-ce une fascination des textures, des graphismes qu’ils soient d’ordre végétal ou minéral ?

Nous puisons notre inspiration dans la haute couture et l’architecture minimaliste.

Trouver des distributeurs adaptés a-t-il était facile ? Comment gérez-vous les sollicitations récentes d’aménagement de certains grands hôtels ?

C’est grâce à Maison&Objet que nous avons pu rencontrer les différents distributeurs, qui s’intéressent à l’histoire de l’objet et la retransmettent à leurs clients.

Nous découvrons une nouvelle partie de notre métier, la direction artistique pour des lieux publics : hôtels, restaurants où nous créons du mobilier sur mesure et imaginons l’atmosphère et l’ambiance qu’aura le lieu. Il faut savoir se projeter dans l’espace en respectant le travail de l’architecte. C’est un travail complexe mais tellement enrichissant et passionnant.

Avez-vous d’autres projets, d’autres prototypes en cours ?

Oui !
Nous continuons de développer de nouvelles collections de luminaires et nous avons de futurs projets avec des grands noms qui restent encore confidentiels !

Si je définis votre binôme en trois mots : rencontre / énergisant / avenir, vous validez ?

Oui !!!

KNGB – 27 Rue de l’Espérance – 59100 Roubaix
Tél. : 06 35 94 22 79
https://www.kngb-creation.com

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est dÇtourÇ-KNGBlampe-Ö-poser-chàne-et-flanelle_shooting-studio-face-trois-quart-1-2-scaled.jpg.

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Michel NGUYEN

« Les portraits de musiciens classiques en compagnie de leurs instruments ont ce pouvoir inné de faire esquisser aux plus aguerris d’entre nous un bâillement dès les premières secondes, provoquant ainsi un désintérêt général… ce qui est fort dommage ! La musique n’est-elle pas la langue des émotions » – Emmanuel Kant.

Nourri de pratiques artistiques multiples en tant que membre de l’Orchestre National de l’Opéra de Paris, Michel Nguyen a développé son regard au contact des métiers de la scène et de la représentation tout en pratiquant son art musical.

Artiste aux multiples facettes, fort d’un apprentissage autodidacte et inspiré de son métier d’artiste, il collabore étroitement avec les musiciens pour l’élaboration de pochettes d’album, d’affiches ou de plaquettes, dans une esthétique qui cherche à décloisonner l’image académique du musicien classique.

Sa première exposition a eu lieu à Erbil (Kurdistan d’Irak) en 2009, puis aux Marcheurs de planètes en 2016 (Paris) et à la Seine Musicale en 2019.

Photographier la musique en portraits, en ensemble et en mise en scène n’est pas chose aisée. Pourtant quelques artistes savent saisir le moment fort et partagent une expression ou un geste dans ce qu’ils ont de plus expressif

Michel Nguyen saisit la vie sur scène, mais également en dehors. Il dompte la lumière pour valoriser les artistes qui posent devant son objectif. 

Bonjour Michel Nguyen,


Comment pouvez-vous définir votre métier de photographe ?

J’ai acheté mon premier boîtier en préparant un de mes voyages en Inde.

Au retour, j’ai visionné les premiers aperçus et je me suis rendu compte que je n’avais pris que des portraits !
Le lien que j’avais créé avec le sujet m’a plu et c’est ce qui anime mes séances avec les artistes musiciens encore aujourd’hui…. J’adore ça !

Ma vraie définition serait l’échange…

La musique classique vous inspire particulièrement. Pourquoi ne pas avoir choisi d’être musicien ?
Et bien en fait, oui ! Je l’ai choisi.
Je suis musicien au sein de l’Orchestre de l’Opéra de Paris depuis 2005 où je pratique l’alto.

Retrouve-t-on une dimension de spectacle dans vos portraits ?
De ma place de musicien d’Opéra, j’ai la chance de pouvoir naviguer entre la fosse d’orchestre et la scène, de parler aussi bien avec un spécialiste en fumée qu’avec un ténor du chœur, demander conseil à une maquilleuse ou poser des questions sur les lumières du dernier spectacle…

La liste est longue mais tout est réuni au même endroit et je m’y sens forcément très bien !

Pourquoi ce travail sur les musiciens ? le hasard d’une rencontre ?
J’ai commencé à photographier des amis musiciens (en faisant les frais de mes débuts un peu hésitants), puis mes amis de l’Opéra, puis les amis des mes amis de l’Opéra, et d’année en année le cercle s’est élargi : groupes de musique de chambre, et récemment l’orchestre de Besançon.

L’Opéra de Paris vous sollicite-t-il ? Qui vous contacte pour les artistes à photographier ?
L’Opéra de Paris ne m’a pas encore sollicité mais sait-on jamais !

En revanche, les musiciens me contactent par le bouche à oreille ou alors complètement par hasard.

D’ailleurs, il y a 2 semaines, un « duo » m’a sollicité. Les deux musiciens cherchaient un photographe. Chacun a fait ses recherches de façon individuelle et tous deux sont arrivés sur mon site !

Vous saisissez de façon incroyable la personnalité de ces artistes, c’est un travail particulier de les photographier… Devez-vous vous immerger dans leur univers au préalable ?
C’est ici que mon travail de musicien m’est utile. Il faut savoir mettre en confiance les artistes en arrivant sur le lieu de la séance photo. Je connais bien la valeur sentimentale des instruments de musique ainsi que les petits tracas de courants d’air pour les chanteurs… Et c’est pour cela que les choix de lieux se font toujours méticuleusement.

L’idée, c’est de les emmener dans mon univers, loin des salles de spectacles et des queues de pie ! Alors, on discute beaucoup en amont et on creuse au plus loin dans ce qui est possible : le lieu, l’atmosphère, la température… On tombe d’accord et c’est parti !

Quels sont les musiciens connus que vous rêveriez de photographier ?
Connus ou pas connus, quand le projet me plaît, je fonce !

Avez-vous de nouveaux projets à venir ?
Oui, je prépare actuellement une exposition dans le hall de la Seine Musicale (le nouveau complexe de salle de spectacle et studios d’enregistrement à Boulogne Billancourt) ainsi que pour l’événement « Viola’s 2019 » au Conservatoire de Paris.

Et ne cherchez pas de fausses notes, il n’y en a pas !

https://www.michelnguyen.com
Michelnguyen4@hotmail.com
Tél : 06.15.37.80.83

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Angie McMONIGAL

Angie McMonigal – Photographe d’Architecture Intérieur et Extérieur

Angie est photographe d’architecture artistique et commerciale, basée à Chicago.

Elle apporte une perspective attentionnée et minutieuse à son travail, que ce soit pour des clients ou à travers les stages donnés.

Ayant grandi entourée de nature mais fascinée par la grande ville où elle vit depuis presque deux décennies, elle apporte le calme méditatif de son enfance dans un environnement qui est en constante transformation.

Elle se consacre souvent sur des détails architecturaux audacieux plutôt que de larges paysages de ville. Ses photos célèbrent ces éléments iconiques qui se cachent en plein jour.

A partir de bâtiments emblématiques, elle distille les lignes et textures essentielles qui encadrent la ville. Angie McMonigal voit ces structures comme étant façonnées par l’activité humaine ; elles sont plus qu’une simple toile de fond.

Les tours d’acier et de brique sont présentées en patchworks riches en histoire, les structures solides jaillissent avec une âme et les édifices de béton répercutent les larges ambitions des urbanistes et des rêveurs.

Photographe de beaux-arts, primée, le travail d’Angie a été exposé et publié internationalement.

Ses photos sont présentées dans des galeries de Chicago, Los Angeles, New York, Barcelone, et plus encore. Sa série « Urban Quilt » fait maintenant partie du Projet Chicago de la Galerie Catherine Edelman. Ses publications incluent National Geographic, Departures et SHOTS Magazine. Elle a reçu des prix aux International Photography Awards (IPA) et au Prix de la Photographie Paris (Px3), parmi tant d’autres.

Angie travaille fréquemment avec des conseillers artistiques, des décorateurs d’intérieur, des architectes et des collectionneurs privés pour fournir des images captivantes pour leurs collections.

Elle a collaboré avec des marques nationales et internationales, comme Starwood Hotel & Resorts, Stir et Icebreaker, créant des images spécifiques pour agrémenter leur image de marque.

Elle est disponible pour des commissions et des projets uniques pour les collectionneurs individuels et corporatifs.

Créant des images qui extraient l’interaction organique entre design, structure, environnement et société, Angie offre un point de vue rafraîchissant qui satisfait les besoins commerciaux et créatifs de ses clients.

Bonjour Angie,

Peux-tu nous parler de toi, de ton parcours ?

Je photographie depuis 2001.

Au tout début, c’était juste pour prendre de belles photos pendant mes vacances… Puis, j’ai rapidement réalisé que je voulais faire beaucoup plus que cela.

J’ai appris les aspects techniques par moi-même et j’ai pris des cours pour apprendre à développer et imprimer. J’ai alors commencé à photographier en argentique.

J’ai passé environ 5 ans à faire des portraits, mais cela n’était pas vraiment le style de photographies qui me faisait vibrer. J’ai décidé d’arrêter et de me lancer dans ce que j’aimais vraiment : la photographie architecturale.

Pourquoi avoir choisi la photographie architecturale ?

J’ai commencé à photographier tout ce qui m’interpellait en architecture.

J’ai grandi dans une petite ville de campagne, ce qui a provoqué chez moi une réelle fascination pour les grandes villes. Elles sont si vivantes, si différentes de l’environnement de mon enfance.

Je suis tombée amoureuse de Chicago dès ma première visite. Je crois que de cette admiration, est née une énergie imparable ! Elle me stimule pour explorer les bâtiments et les structures qui rendent ces métropoles si vivantes.

Quelle est la technique photographique que tu utilises le plus dans ton travail ?

Je suis le plus souvent attirée par les détails de mes sujets, préférant rendre abstraites les vues habituelles de la ville. Nous sommes souvent pressés dans notre environnement sans y prêter attention.

J’espère qu’en me concentrant sur ces vues communes, j’aide les gens à ralentir et prêter attention à ce qui les entoure, à voir quelque chose qu’ils auraient pu rater.

Quels sont tes clients réguliers ou occasionnels ?

Je travaille le plus souvent avec des conseillers artistiques pour placer mon travail dans des hôtels, des bureaux et des parties d’immeubles visibles à tous.

Je travaille aussi avec des décorateurs d’intérieur et des collectionneurs pour mettre en place mon travail chez les particuliers.

Récemment, j’ai travaillé avec des architectes et des architectes d’intérieur pour photographier leurs projets terminés.

Je travaille également avec des marques pour créer des œuvres qui seront exposées dans leurs espaces professionnels ou pour collaborer sur des campagnes de publicité.

Je donne des cours et des stages via des conférences et des écoles à Chicago. Je propose aussi des stages en partenariat avec un autre photographe d’architecture, Michael Muraz, et cela, dans le reste des États-Unis, au Canada, et plus récemment à Paris. La ville de Londres est prévue pour l’an prochain.

Avec Michael, nous avons créé une entreprise pour les stages que nous donnons en commun : « Photography Unfolded ». Notre mission est d’aider les photographes à suivre une formation pratique et créative permettant de visualiser l’environnement de manière unique. Nous proposons des ateliers, des livres électroniques et du mentorat privé.

Comment partages-tu ton temps entre les USA et la France ?

Je suis le plus souvent aux États-Unis et au Canada, mais je viens une fois par an en France.

J’y serai de nouveau en mai prochain pour donner des stages sur Paris où j’ai réalisé une commission pour Le Méridien Étoile en 2014.

En 2017, j’ai exploré d’autres villes que la Capitale en visitant Grenoble et Lyon. Je serai de retour dans ces deux villes cette année.

Quels sont tes projets ?

J’ai plusieurs séries photographiques en cours : Cloudscapers, Urban Quilt (je l’étends à d’autres villes que Chicago, dont Paris), Pareidolia, parmi tant d’autres.

Je prévois de faire plus de travail commercial, à la fois avec des architectes d’extérieur et des architectes d’intérieur ainsi que des commissions et campagnes avec des particuliers et des marques.

Bien sûr, je continue à enseigner, espérant ajouter de nouvelles villes chaque année.

Angie McMonigal Photography LLC
Chicago, IL
angie@angiemcmonigal.com
773.485.5773
https://www.angiemcmonigal.com/site_v2/

FINE ART

COMMERCIAL

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Pauline SAIN – Magnum Photos

Bonjour Pauline Sain,

Vous êtes directrice du bureau parisien de Magnum Photos, coopérative photographique créée en 1947 par Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Georges Rodger, William Vandivert et David Seymour…

Je suis très heureuse et très fière de vous interviewer et de partager avec vous, le monde de l’industrie de la photo. Grand merci à vous, Pauline, pour ce moment !

*****

Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre prise de fonction chez Magnum Photos.

Après une formation en histoire contemporaine et sciences politiques, j’ai travaillé en agences de publicité & communication, d’influence et de relations publiques pendant une quinzaine d’années, principalement dans de grands groupes anglo-saxons.

J’ai rejoint Magnum Photos à Paris, il y a près de 4 ans initialement pour prendre la tête du département corporate. Il s’agit du département de l’agence qui représente les photographes de l’agence pour les projets de commandes ou licencing réalisés en partenariat avec des marques, des institutions ou des agences.

Le département a toujours existé mais il s’agissait de renforcer les équipes, accélérer le développement notamment en Europe continentale et intégrer les enjeux de création de brand content à l’ère de l’explosion des social media.

J’ai pris la tête du bureau il y a près de deux ans, en particulier pour renforcer les synergies entre les départements et les bureaux.

En effet, de plus en plus, nos clients et partenaires souhaitent développer avec Magnum Photos des projets multi expertises : une commission photographique qui donne lieu à un livre, à une exposition, à un workshop ou qui peut être relayée sur notre écosystème digital et déployée dans plusieurs pays.

Nous sommes désormais un partenaire créatif des agences, des entreprises et des marques, en plus d’une agence de photojournalisme et d’une institution culturelle.

Pour mieux répondre à ces demandes, Magnum Photos a ainsi lancé en avril 2019 un site dédié (creative.magnumphotos.com) présentant la vision, les projets et l’offre de l’agence.

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De nos jours, la presse est à l’agonie… pouvons-nous encore espérer une place importante de la photographie comme ce fut le cas, aux plus belles heures de Magnum ?

La presse écrite est en effet dans une situation difficile et souffre de l’avènement du digital ainsi que d’un rapport différent à l’information mais tout le monde continue à chercher de la visibilité éditoriale et notamment en presse écrite.

Les éléments visuels, et en particulier la photographie, sont plus que jamais essentiels à l’illustration et la représentation des événements et de l’actualité.

Et si tout le monde fait des photos, tout le monde n’est pas photographe pour autant. Il reste une vraie place pour les photographes de l’agence, leur regard d’auteur singulier, leur éthique, leur approche. Nos photographes sont des références du photojournalisme et leur signature est reconnue.

Magnum Photos est par ailleurs toujours une agence de presse, avec une équipe interne dédiée à l’éditorial qui gère la production, la post-production, le travail de vérification et de légendage, essentiels à l’heure des craintes de fake news.

Nous partons en revanche plus souvent sur des sujets en mode spéculatif, sans avoir encore confirmé une publication, parce que nous restons une agence où les photographes décident de leurs sujets et défendent leur liberté éditoriale.

Il ne faut par ailleurs pas oublier que les productions d’aujourd’hui sont les archives, voire peut être – l’avenir le dira – les photographies iconiques de demain et que le licensing est une activité importante pour l’agence qui doit être alimenté de nouvelles images. 

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L’impact de la photographie via les réseaux est important et détermine sa diffusion. Doit-on abreuver la toile de milliers d’images ou uniquement sortir l’image de la semaine pour en faire sa force ?

La stratégie éditoriale de l’agence sur notre site magnumphotos.com et sur les réseaux sociaux est pilotée depuis notre bureau de Londres, par une équipe multilingue centralisée, justement pour en assurer la cohérence.

Nous sommes conscients qu’avec des millions d’images téléchargées chaque jour sur Internet, il est plus que jamais nécessaire de ne pas alimenter ce phénomène de saturation tout en enrichissant de manière significative le dialogue autour de la photographie.

Les photographes de l’agence ont documenté la majorité des événements culturels et historiques les plus importants des XXe et XXIe siècles et continuent de le faire aujourd’hui, ce qui confère à Magnum Photos une position unique pour se faire.

Nous nous sommes fixés comme ligne de conduite, de partager ces histoires importantes sur le monde dans lequel nous vivons en sélectionnant soigneusement les images que nous publions en ligne.

Il ne s’agit donc pas tant de choisir entre une photo et des milliers, mais de présenter un point de vue singulier, unique et riche de sens pour notre audience.

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Magnum fonctionne-t-il en équipe ou avec des indépendants sollicités à la mission ? N’est-il ouvert qu’aux grands photographes ou les petits ont-ils leur chance ?

Magnum Photos ne représente et ne distribue que les photographes membres de l’agence ou entrés dans le processus d’intégration.

Tout photographe documentaire, riche d’un regard unique, qui souhaite rejoindre l’agence peut soumettre son portfolio à l’Assemblée Générale annuelle et son intégration sera soumise au vote des membres.

Tous les profils et tous les parcours sont les bienvenus, preuve en est la diversité des jeunes nominés retenus à la dernière AG : de Lindokuhle Sobekwa, jeune sud-africain issu des townships, à Sim Chi Yin, photographe Singapourienne ayant débuté sa carrière comme journaliste et correspondante en Chine, en passant par Rafal Milach, qui est également plasticien et travaille en particulier sur la transformation du bloc de l’est.

*****

Pauline Sain, vous sentez-vous gardienne du temple Magnum ? Magnum étant la référence en matière de photographie, est-ce un héritage lourd à porter qui empêche certaine liberté ou au contraire, est-ce une véritable force dans le monde de la photo ?

Sans fausse modestie, je ne suis pas la gardienne du temple Magnum. Les photographes sont les gardiens du temple.

Il ne faut pas oublier que Magnum demeure à ce jour et depuis sa création une coopérative photographique aux mains des photographes créateurs et de ceux qui les ont rejoints au fil des années.

Ce sont eux qui décident de la destinée de leur agence, même s’il y a bien sûr un échange permanent et quotidien sur le projet et la vision entre les équipes de management et les photographes.

Mon rôle est celui du pilotage du bureau de Paris, en charge de servir nos clients éditoriaux, culturels, commerciaux en Europe continentale.

Quant à l’héritage, bien sûr, nous sommes tous conscients des enjeux de celui-ci et du nécessaire respect des valeurs fondatrices de Magnum mais l’agence n’est pas un mausolée figé mais bien une agence qui vit, change, évolue avec son époque et la vision collective des photographes et du staff.

Cette constante adaptation aux besoins de l’époque a conduit :

  • Au lancement des square prints il y a 5 ans… un format de tirage en édition limitée à 100$ pour nous rendre accessible au plus grand monde,
  • Au lancement de notre site Magnumphotos.com il y a 3 ans, véritable plateforme éditoriale en propre,
  • Et au lancement ce mois-ci de notre site creative.magnumphotos.com, vitrine de notre travail commissionné

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La photo rentre-t-elle dans une grille tarifaire prédéfinie ou l’aura du photographe entre-t-elle en jeu ?

Pour le licensing, nous suivons autant que possible les barèmes de l’UPP. Pour les projets de commandes, il ne s’agit pas tant de l’aura du photographe que de la destinée et de l’usage prévu des photos.

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Que diriez-vous sur les droits d’auteurs…

Il ne faut pas oublier que l’association Magnum a justement été créée pour défendre le droit d’auteur des photographes et garder le contrôle total sur les droits de leurs photos.

Cela demeure une des exigences centrales de l’agence et nous sommes allés jusqu’à refuser des projets dont les garanties sur ce point n’étaient pas satisfaisantes ou les demandes inacceptables.

Magnum Photos est par ailleurs membre du Saphir et de la FFAP et nous sommes alignés avec les actions de nos organismes de représentation collective sur ce point.

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Parlez-nous des Trophées Huawei Next-Image 2018. L’idée qu’a eue l’entreprise pour mettre en lumière la photographie moderne en stimulant la créativité se décline autour d’un programme. Lequel ?

Huawei est engagé depuis longtemps dans la promotion de la photographie et le développement de smartphones permettant au plus grand nombre de faire de belles photos.

Ils ont lancé un programme, appelé Huawei NEXT-IMAGE, qui rassemble toutes leurs initiatives en faveur de la photographie, avec notamment un award annuel, une série de Masterclass et désormais des conférences avec Magnum Photos.

L’idée de ce projet était à la fois pour Huawei de montrer la performance et la versatilité de leurs équipements, en les confiant à des photographes professionnels expérimentés et de soutenir ainsi la création. Pour Magnum, il s’agissait d’aller à la rencontre du public en explorant, en créant et en se remettant en question encore et toujours.

*****

Le mot de la fin … ?

L’aventure Magnum Photos continue. L’agence avance entre tradition et évolution mais toujours en défendant la liberté de création de ses auteurs photographes, au service de beaux sujets.

Une excellente illustration en est par exemple, le remarquable travail de Matt Black, photographe américain, intitulé Geography of Poverty. Pour ce projet Matt Black a parcouru près de 50 000 kilomètres à travers 44 États américains, photographiant des « zones de pauvreté », où le taux de pauvreté dépasse 20% de la population.

Une sélection des images de ce projet est présentée à la galerie Magnum à Paris jusque fin juin.

Interview faite par moi-même pour le site Photophiles.com en tant que bénévole. 

Magnum Photos – 19 Rue Hégésippe Moreau – 75018 Paris – France
T + 33 1 53 42 50 00
F + 33 1 53 42 50 01
magnum@magnumphotos.fr
Contact RP Londres : Leonora Chance
leonorachance2_pp5@indeedemail.com

https://www.magnumphotos.com

TEAR SHEET. Connie Ford Victory Red Lipstick advertisement.
TEARSHEET. Burberrys Advert. 1966.
TEARSHEET. Hilton hotels advertisement.
TEARSHEET. Hilton hotels advertisement.
TEAR SHEET. Lavazza calender.
TEARSHEET. Diesel advertisement. 2002.
DIESEL. Diesel Black Gold advertising campaign. 2010.

USA. Florida. Miami. 2014. Hermes 2015 Spring/Summer advertising campaign. Women Silk. 2015.
Tearsheet. HSBC advertising campaign. 2016.
Tearsheet. HSBC advertising campaign. 2016.
BELGIUM. Brussels. 2018. Audi platform.

BELGIUM. Audi Brussels, the production plant of the Audi e-tron, the brand’s first fully electric powered vehicle.
BELGIUM. Audi Brussels, the production plant of the Audi e-tron, the brand’s first fully electric powered vehicle.

BELGIUM. Audi Brussels, the production plant of the Audi e-tron, the brand’s first fully electric powered vehicle.
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Patrick ROUGEREAU

Patrick ROUGEREAU – Photographe Culinaire

D’abord photographe reporter, il est devenu, aujourd’hui, l’un des spécialistes de la photographie culinaire de grand talent, reconnu des plus grands chefs comme des plus grandes marques.

Depuis toujours une double passion anime ce photographe audacieux, il associe photographie et gastronomie dans la plus grande créativité.

Il aime les photos qui disent la précision et la simplicité, jouer avec les lignes, les matières pour sublimer le produit et donner l’envie.

Pour lui, il n’est pas de bonne ou mauvaise photo, la seule qui soit réussie, est celle qui crée l’envie et l’émotion : « J’ai trouvé dans l’art culinaire, un challenge à relever : des produits vivants, une technicité précise et surtout un échange extraordinaire avec celles et ceux qui partagent avec moi cette passion commune de la cuisine et sans qui je ne pourrai exercer ce métier ».

Anne-Sophie Pic dit de lui : « Il fait un travail absolument magnifique. J’ai adoré la première fois où je l’ai rencontré, touchée par la pointe d’audace à la vue de ses photos, à la façon qu’il a de les prendre. C’est aussi vrai pour l’intégralité de son travail. Il fait marcher son imaginaire et travailler son cerveau. C’est quelqu’un, qui, par la photo, nous raconte une histoire. Il met toute son âme dans son travail et c’est ce qui me m’émeut profondément. » –  Anne-Sophie PIC (Cheffe 3 étoiles).

Bonjour Patrick Rougereau,

Je tiens tout d’abord à vous remercier mille fois… d’avoir accepté, si gentiment, ce moment de partage. Je suis très touchée ! Merci, merci !!!!

Comment le choix de la photographie culinaire s’est-il imposé à vous ? 
Au moment du choix de ma future carrière, j’ai longuement hésité entre la photographie et la cuisine. C’est tout naturellement que la photographie s’est imposée à moi. Je me suis alors spécialisé dans le « FOOD ». Aujourd’hui, je vis quelque chose d’extraordinaire, le mélange de mes deux passions et cela au travers de mes images. Je retiens avant tout chaque rencontre, chaque partage avec les Chefs. Nous parlons le même langage… celui de Passionnés à la recherche d’une finalité identique : dire le beau et le bon. Les Chefs s’expriment avec leurs casseroles, Patrick Rougereau avec son appareil photo.

Comment travaillez-vous la lumière : naturelle ou électronique ?
Je revendique un travail de lumière important ! Il est réalisé principalement en studio. Mes images sont sobres, dépouillées et celle-ci en est le principal ingrédient. Je trouve, que de nos jours, la photo culinaire est aseptisée. Il suffit de feuilleter les magazines de « food » pour comprendre. Toutes les photos se ressemblent, elles sont réalisées en lumière naturelle, on parle davantage de stylisme et de mise en scène que de travail photographique. Un bon amateur sera capable de fournir les mêmes prestations qu’un professionnel, pour peu qu’il dispose d’une fenêtre et d’un appareil photographique basique. Cela ne retire rien à la qualité de ses images qui sont bien souvent agréables à regarder !

A contrario, je souhaite complètement maîtriser l’ensemble des éléments qui fait une belle image :

–       Entrer dans mon studio,
–       Allumer mes éclairages,
–       Construire de A à Z cette image et démontrer dans chacune d’elle que la photographie culinaire est une œuvre d’art à part entière. Ceci n’est possible que si derrière chaque image, il existe un véritable travail de la lumière et un choix stylistique abouti,
–       Placer un éclairage au millimètre, habiller un produit de lumière pour en tirer toutes ses saveurs et toute sa beauté…c’est mon challenge !

Dans la série « La vie est trop courte pour Photographier triste » dans votre ouvrage « Regarde comme c’est bon ! » … Pouvez-vous nous dire si ce sont les phrases qui déclenchent les visuels ou inversement ?
Ces phrases sont plutôt la résultante de 30 ans d’expérience. J’essaie d’apporter de la fantaisie dans mes images et l’humour peut en être une des composantes… Pour mon ouvrage « Regarde comme c’est bon ! » … Comment mieux résumer mon métier que par cette phrase : « tout comme au restaurant, le premier contact que vous avez avec votre plat est visuel et ce n’est qu’après que vous en découvrirez la saveur ! » … Mes images doivent divinement dire le beau et le bon !

Petite dernière…. Pourquoi avoir choisi de créer une école culinaire et non une école de photographie ?
Je suis incapable d’expliquer comment je travaille mes images, mes lumières. Lorsque je crée une image, elle doit d’abord être construite dans ma tête, elle est réfléchie, appréhendée, je ne commence jamais un travail si je ne la visualise pas avant. C’est difficile pour mes collaborateurs de comprendre où je veux aller. Pour moi, c’est très clair, je construis mon image comme je la pense. Cela fonctionne souvent mais parfois, j’avoue… je m’aperçois que cela n’est pas réalisable comme je l’avais imaginé. Pour la lumière, c’est avant tout de l’instinct, une sensation qui fait qu’un éclairage déplacé de quelques millimètres va modifier totalement mon image !